J’ai longtemps exercé une activité de webmaster éditorial et de community manager, en entreprise privée puis en freelance. Durant cette période, j’ai toujours participé à des projets associatifs, d’entreprises, de collectifs ou personnels en parallèle de mon activité « professionnelle » plus « classique ».

Après avoir traversé un sévère burn-out, j’ai fait le choix d’abandonner mon activité professionnelle pour me consacrer uniquement au « bien commun » et à ces activités que je considérais jusque là comme « annexes ».

C’est un pari risqué, mais c’est la seule manière pour moi de prendre soin de moi et de préserver une vraie cohérence interne.

Des biens communs

Depuis deux ans, je m’intéresse fortement à la notion des communs (ou biens communs). En bref, c’est une forme économique et politique de gouvernance des ressources par une communauté constituée des usagers de cette ressource. C’est une « troisième voie » pleine d’espoir et d’intérêt pour construire une alternative durable à une société tiraillée entre le « plus d’état » et le « plus de privé ». Que ce soit en tant qu’individu, citoyenne, actrice économique… je suis fatiguée de « lutter contre », je préfère « agir pour » et c’est par les communs que je pense pouvoir le faire.

En savoir plus sur les communs…

Contribution / rétribution

Cette forme de gouvernance, loin d’être nouvelle, mais au combien au goût du jour, nécessite un investissement, en temps, en moyen, en argent, et c’est ce que l’on appelle la « contribution ». Derrière ce terme se cache quelque chose de neuf pour moi : un contributeur / une contributrice n’est ni un.e bénévole, ni un.e salarié.e, ni un.e prestataire. Il ou elle choisit d’œuvrer pour créer ou préserver une ressource dont il ou elle peut avoir l’usage et qu’il ou elle estime nécessaire de faire vivre collectivement. Quelqu’en soit l’intention -satisfaction personnelle, intérêt économique, intérêt général- les biens communs ne sont pas une question d’ordre moral. On ne juge pas ce qu’il est bien ou mal de faire. Il n’y pas non plus de rétribution prédéfinie à une contribution. Elle peut être monétisée, dans la mesure des moyens disponibles, gratuite, avec ou sans contrepartie, matérielle ou immatérielle, voire par la simple reconnaissance de ses pairs. Les seules règles sont celles appliquées par la communauté des personnes ayant accès à cette ressource et elles ne sont jamais immuables.

De la théorie à la pratique

Aussi, pour passer de la théorie à la pratique, j’ai choisi d’expérimenter la vie de Contributrice. Je continuerai donc à  contribuer à des projets comme je l’ai toujours fait, c’est à dire par envie, plaisir et conviction, en suivant les élans qui émergent spontanément.  Et je vais m’efforcer de rendre visible ce à quoi ce contribue, et comment j’y contribue, en le partageant publiquement (d’où l’existence de ce site).

Humainement, c’est une posture que j’ai besoin d’adopter pour continuer à avancer sereinement dans la vie. Économiquement, je veux participer à faire vivre et développer cette pratique de contribution par le don et tenter de me rapprocher d’un modèle où mes revenus ne sont pas directement liés au volume ou au temps de travail effectué mais à l’apport humain et social qu’ils représentent. Et de laisser les autres juger de sa valeur. Aussi, si vous estimez que cette démarche mérite d’être soutenue, vous pouvez faire un don récurrent (même symbolique) sur mon Liberapay.

Merci à pgno pour l’inspiration de cette page, et plus globalement pour la mise en mots et en actes de la démarche de contribution.